Octobre n'est pas la fin d'une longue histoire d'amour

C'est un arbre aux couleurs de feu sous un ciel cassé

DES PERFORMANCES INÉDITES

Ce projet à teneur sociale et politique relie Montréal, Québec et Rimouski avec sept performances faisant naître des sculptures vivantes dans huit différents parcs et espaces urbains. À la fois épreuves et manifestes, elles renouent chacune avec un enjeu spécifique de lutte et de résistance collective. Offrant au public des moments de contemplation, d’action et de réflexion, ce projet veut ouvrir les murs qui nous emprisonnent et plonger dans l’histoire sociale par-delà l’expérience boulversante d’Octobre.
Notre projet dans :

LE DEVOIR
DROIT DE PAROLE
VUES ET VOIX


PREMIERS BATTEMENTS

Entrez dans le paysage en assistant à cette marche hyperlente ponctuée d'un chant. Sept heures durant lesquelles l’infiniment petit rencontre l’immensément grand. Une expérience entre délicatesse et vertige interrogeant le sens
des relations façonnant
notre maison commune.

Marche 1

Montréal, Carré Saint-Louis

APPORTEZ UNE FLEUR
samedi 5 septembre

COMPLÉTÉE


Photos : Henri Rabalais

DÉCRUCIFIER
LE ROUGE

Déprogrammons-nous
des ordres sacrifiant la liberté, la bonté et la justice sociale en suivant cette marche progressant sur le reculons. Accompagnez le performeur portant une poutre drapée. Au fil du parcours, il s’en délestera par morceau pour rejoindre le rouge : tel le sang qui nous unit sous la peau, couleur symbolisant l'unité matérielle du monde.

Marche 2

Montréal, parc Maisonneuve

APPORTEZ UNE PIERRE

samedi 12 septembre


COMPLÉTÉE


Photos : Henri Rabalais

POUR PAS
MOURIR EN CAGE

Aidez l’artiste plâtré à mémoriser, comprendre et présenter le poème Libertés surveillées du poète-humaniste Gérald Godin lors d’un récital. Un devoir de mémoire à propos de la raffle du 16 octobre qui est un exemple de violence totalitaire bouleversant.

Marche 3

Montréal, Promenade Masson et environs

samedi 19 septembre


COMPLÉTÉE


Photos : Evangelos James


AVEC UN PANACHE
POUR LE MONDE

Suivez cette marche traversant l'île de Montréal, le performeur gardant les mains au-dessus des oreilles sur plus de 10km pour créer un espace entre la terre et le ciel. Voyez se déployer un panache polymorphe et découvrez le texte de Constitution citoyenne du Québec résultant du processus initié par l'INM et le théâtre Carte Blanche en 2018.

Marche 4 

Montréal
APPORTEZ UN FRUIT
ou USTENSILE ET CASSEROLE

samedi 26 septembre


COMPLÉTÉE


Photos : Henri Rabalais

QUE PUISSENT NOS CORPS
(GARDER LA FLAMME) CONTRE LA GUERRE

Les participant-e-s s’abandonnent au défi d’être gardien-ne-s de la flamme d’une bougie sans cesse menacée. En s’entraidant dans la création d’un rempart vivant, illes nourris-sent la lumière et partagent le feu, capables de guider leur engagement. Lorsque la flamme s'éteint, un-e chanson, musique, geste ou parole (porteur-se d’une intention d’engagement et de paix) doit être partagé-e par l'artiste ou un-e participant-e pour la rallumer. L'artiste qui tient la bougie n'a pas le droit de s'asseoir.

Marche ∞ /
événement spécial

Rimouski

samedi le 3 octobre


COMPLÉTÉE



En collaboration avec les productions Tour de bras et l'organisme CIBLES


Photos Mathieu Gosselin



LEVER LES DRAPS DU TRAVAIL INVISIBLE

Suivez ce marathon d'une longue journée d'ouvrage à faire et défaire le lit du travail invisible. Un exercice critique de reconnaissance des visages du travail invisible, notamment des femmes, des ouvrièr-e-s pris-e-s dans les filets de la mondialisation et des milieux naturels eux-aussi exploités.

Marche 5

REPORTÉE

le 1er mai 2021

Montréal

DANS LE MARÉCAGE
DU SALUT

Prenez place lors d’une de quatre rondes de combats intérieurs contre la sujétion oppressante incarnée dans la pratique du salut militaire. Le performeur tentera de surmonter celle-ci faisant chaque fois passage à un différent corps et à des postures portées à contre-sens. Un plaidoyer pour l’égalité, l'horizontalité et la liberté.

Marche 6

REPORTÉE


le 16 octobre 2021

Montréal


POUR UNE ÉTREINTE DE SOULÈVEMENTS

S'entraîner à écrire l’histoire de bas en haut, en sautant les 27 escaliers reliant la « haute » et « basse » ville de Québec dans une poche de patates.
(Environ 2700 marches)

Une action ponctuée de poésie et d'un grand jardinage aérien, qui trace des lignes de soulèvement lors d'un voyage nourrit d'utopie.

Marche 7

Québec

Le samedi 31 octobre


COMPLÉTÉE


VOIR VIDÉO ICI

Partenariat avec Le Lieu Centre en art actuel et le Journal Droit de parole



Photos : Pierre Barrellon

Vidéo de la performance

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Mémoire et actualité : de la Crise d’octobre
et de l’État d’exception

par Mathieu Parent M.A.

Il y a 50 ans, en octobre 70, la Loi des mesures de guerre (LMG) est promulgée par le gouvernement du Canada. Tout le Québec est pris en otage. L’acte de guerre « hors-la-loi » du gouvernement vise des milliers de personnes à cause de leurs sympathies politiques réelles ou apparentes ou parce qu’elles se trouvent à la mauvaise place au mauvais moment. La cible dépasse largement les (quelques) responsables d’enlèvements politiques participant au Front de Libération du Québec (1) militant pour une révolution sociale québécoise.
Un large spectre de citoyen-ne-s est abusé. L’armée se joint à la police, des milliers de fouilles sont effectuées sans mandat, près de 500 personnes sont emprisonnées avec violence, sans avoir droit à l'assistance d'un-e avocat-e. (2) Les communications sont contrôlées et manipulées. Des personnes et groupes de diverses allégeances politiques, d’ici et d’ailleurs, incluant des anglophones (3), critiquent vertement cette expression des racines autoritaires et féodales du Canada.
Un événement à comprendre dans une histoire sociale
L’histoire populaire contient d'autres exemples de recours législatifs et violents bafouant les droits et libertés des personnes et des peuples pour attaquer des idées et mouvements sociaux. L’expérience de la Crise d’octobre est reliée à une expérience sociale et historique plus longue (4).La répression de l’immense grève générale de Winnipeg en 1919, celle sanglante des mouvements québécois anti-conscription, ainsi que la chasse aux sorcières communistes et progressistes sous la Loi du Cadenas proclamée à partir de 1937 durant le règne de Maurice Duplessis, en sont des exemples consternants. Ce dernier « remplaçait » lui-même un décret rendant illégal le parti communiste au début du siècle. Il fallut 20 ans pour que l’arbitraire Loi du Cadenas soit invalidée.
En 1969, tout juste avant la Crise, alors que la métropole est le théâtre de nombreuses manifestations. Certaines tournent aux coups avec la participation d’une police peu ou mal formée et provoquante. L’administration Drapeau-Saulnier (D.-S.) de la ville de Montréal montre alors elle-aussi un penchant autoritaire. Elle édicte alors un interdit de manifester dans les quartiers centraux, que les femmes qui donneront naissance au Front de libération des femmes du Québec ont été les premières, le 28 novembre 1969, à braver pacifiquement cet interdit qui instaurait le règlement 3926, ancêtre du règlement P-6 qui a été abrogé en 2020, 50 ans après !
La suspension du droit de manifester n’a qu’attisé des tensions. Tensions déjà nourries par l’essoufflement des réformes de la "révolution tranquille", considérant le vent de décolonisation et l'activité des mouvements sociaux soufflant tant une volonté que des idées de changement. Ni l'action courageuse des femmes, ni l'état de guerre n'empècha l’administration D.-S. de tenir des élections municipales en novembre 1970 alors que l’armée occupe le Québec sous la LMG et que certains de leurs adversaires politiques avaient été emprisonnés sans procès.
L’État d’exception
Aujourd'hui, les pratiques de l’État d’exception sont presque devenues normales (5). Les lois spéciales, l’usage du bâillon à l’Assemblée nationale, la militarisation de la police et les lois générales pour lutter contre "le" terrorisme brisent des règles de l’État de droit. Nous devons chercher ailleurs les déterminants effectifs de la justice sociale. Ces excès de contrôle ne règlent rien quant aux causes profondes des maux dont ils nourrissent le pouvoir. Les intérêts des classes dominantes sont les premiers servis par cette violence d’État qui sévit au détriment des libertés et des démocraties avec leurs responsabilités, défis et débats sociaux et environnementaux.
Considérant que « nos » politiques néolibérales creusent les inégalités socioéconomiques, s'accommodent de paradis fiscaux et de zones franches (au nombre de neuf au Canada); qu'elles renouvèlent l’exploitation des travailleur-se-s et de la nature de par le monde; qu'elles favorisent les déréglementations qui amenuisent les souverainetés populaires (incluant autochtones), il nous a semblé doublement important de participer à l'actualisation (critique) d'enjeux et d'archétypes des luttes et résistances poussés en marge de l'histoire.
(1) Gendron, G., Gravel, A. (2010) Les camps secrets du Canada. Enquête. Le 14 octobre. Archives de la Société Radio-Canada. Repéré à : https://ici.radio-canada.ca/emissions/enquete/2010-2011/Reportage.asp?idDoc=121774
(2) Sur le sujet de la Crise d’octobre, la BanQ a établi un riche base bibliographique en 2010 : banq.qc.ca/collections/collections_patrimoniales/bibliographies/crise_octobre.html
(3) L’ouvrage Trudeau et ses mesures de guerre présentes quelque-unes de ces voix dissidentes, dont celles de Margaret Atwood, Tommy Douglas et Peter C. Newman. Leurs textes y sont présentés et commentés par Bouthiller G. et Cloutier E.. Ce livre est paru en 2011 aux éditions du Septentrion.
(4) Andrée Ferretti procède à l’exercice dans De Londres à Ottawa, le terrorisme d’État dans l’histoire du Québec, paru dans l’Action nationale d’octobre 2000, où elle trace une perspective historique québécoise.
(5) Agamben, G. (2003), L’État d’exception, Homo Sacer. Seuil : Paris.
La Crise d'octobre 70
dans la collection nationale à la Bibliothèque et aux Archives nationales du Québec

Un projet de l'Atelier Mange-Camion

Collaborateur-trice-s : Yohann Rose, Eliot B Lafrenière, Hubert Lafore, Sylvie Tourangeau, Jovette R Bernier, Simon Larochelle, Antoine Rail, Henri Rabalais, Evangelos James, Alain Labonté, Geneviève Beauchamp, Julie Sarrazin, Marie-Noêlle Legault, Noémie Videaud Mallette, Carmen Eliza Sanchez Ramirez, Tristan et Gaspard,

Partenaires : Atelier Mange-Camion, Le Lieu Centre en art actuel, Journal Droit de Parole, Tour de bras, Cibles, Espace Bonheur-Masson, les arrondissements montréalais de Rosemont-la-Petite-Patrie, du Plateau Mont-Royal et de Ville-Marie

Remerciements : Christian Blanchet, Gabriel-Antoine Roy, Claude Dallaire, Dominic Lapointe, Justine Lafortune, Judith Jasmin-Vienneau, Pascale Galipeau.


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